NARAYA

Le Jeu du Royaume de Naraya
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Un brin de soupir sous le bois ...

Aller en bas 
AuteurMessage
Eleonore Valence

avatar

Nombre de messages : 12
Rayens : Rp, Manga, Jeu Video, Ballade !
Date d'inscription : 01/03/2007

MessageSujet: Un brin de soupir sous le bois ...   Dim 18 Mar - 10:52

L'air se faisait d’une douceur et parfum agréable, une brise constante caressait toute chose et une senteur boisée se voulait apaisante.
De quelques mouvements venteux, les odeurs de pins, de chênes et l'herbre fraichie au sol se mélées sur la contré, la terre sèche sur le sentier se soulevaient dans le paysage, et les cheveux d'Eleonore dansaient au même rythme que les éléments de la nature.

A de bons mètres loin du quartier marchand et de ses vendeurs en tout genre... Cette demoiselle flânait, le pas lent et le regard instauré où bon lui semblait sur le décor plaisant...

Vêtue d'une simple robe longue et venteuse, disposant d'un voile clair bleuté rattaché par ses bras, et ornée d'une coiffe en une seule tresse longue, Eléonore Valence s'était octroyait le temps d'une promenade pour se dégourdir, pour vaquer à ses pensées solitaires et personnelles...
Voilà un lieu où elle pouvait se sentir seule en paix avec elle-même, quelque chose que personne ne pouvait lui prendre.
On avait déjà tellement fait en son nom, sans son accord...
Son esprit, cela... Personne ne pouvait le lui prendre. Il y avait pourtant ses instants, où elle aurait préférée être dénuée de tout ce qu’elle ressentait... Sa douceur à elle, son innocence lui furent volés par sa propre famille. Elle se sentait vendue, offerte, comme un cadeau qui n’a pas de cœur pour en souffrir.
Le temps l’avait aidé à s’endurcir, à se taire, et peu être un peu... à se résigner.

Elle s’apprêta à quitter la terre battue trop bien traçait pour rejoindre la profondeur des bois mal taillée. Arrivé à quelque pas plus enfoncés dans la forêt, elle s'immobilisa et s'assit doucement à même le sol.
Son regard se fit contemplateur tout autour d'elle, les bruit champêtres étaient très reposant.

Elle médita sur toute chose qui avait la liberté d'exister sans rien demandé à autrui.
Elle rêva à devenir une fleur pour pouvoir s'épanouir inscoucieuse avec les beaux jour et se fanait à la fin de sa vie ... Puis revenir de plus belle de part les graine qu'elle aura déposé sur la terre...
Son regard était-il emprunt d'une certaine amertume ?

Elle songea ensuite à son époux... Il devait rentrer de ses taches bientôt. Elle pensa au chemin retour qu'il fallait faire promptement. Elle savait au combien cela lui ferait plaisir de le voir attendre son retour avec impatience. Etrangement, elle n'en fit toujours qu'à sa tête et ne bougea pas pour autant, lui avait-on laissé l’envie d’être impatiente ? Non ... Biensur, il lui était d'un certain réconfort et attentif avec elle quoiqu'il en soit.
Son regard portait donc toujours impassiblement sur l'horizon de verdure abondant.


Dernière édition par le Dim 25 Mar - 8:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Verena Renata

avatar

Nombre de messages : 8
Rang : Marchande de couleurs !...
Rayens : 500 de bronze...
Date d'inscription : 20/03/2007

MessageSujet: Re: Un brin de soupir sous le bois ...   Dim 25 Mar - 5:38

Voilà maintenant deux jours que Verena Renata était arrivée dans le village de Ordeanguel. Et ce n’était pas sans plaisir qu’elle redécouvrait cette bourgade attachante où elle était venue tant de fois lorsqu’elle était enfant. Ordeanguel était principalement peuplée de commerçants prospères, de pêcheurs et de fermiers assez aisés. C’était donc une petite ville relativement active, et qui ne manquait pas de vie. Ainsi, de nombreuses boutiques et tavernes ne cessaient de fleurir un peu partout, de sorte que Ordeanguel s’était agrandie et Verena s’était rapidement rendue compte qu’il lui fallait retrouver ses marques.

Dès son arrivée, la vagabonde avait donc entrepris de revisiter le village, et avait flâné toute la matinée dans les rues, entrant dans les boutiques pour examiner les marchandises et les prix, repérant les bonnes affaires qu’elle réaliserait quand elle récupérerait sa bourse qui était restée à la taverne où elle logeait. Car Verena avait prévu de faire une petite surprise à sa nièce, Eléonore Valence : elle n’avait prévenu qui que ce soit de sa venue à Ordeanguel, parce qu’elle voulait voir la réaction de la jeune femme qu’elle n’avait pas vu depuis de longs mois. Et il lui tardait de la revoir, tout comme son fils ! Malheureusement, Verena devra se contenter pour le moment d’Eléonore, car si retourner à Naraya pour le retrouver était dans ses plans, la marchande ne comptait pas repartir dans l’immédiat… à moins que quelque chose ne l’y poussât.

Eléonore et Joannes étaient les personnes qui étaient les plus chères au monde à Verena. Et si elle ne les avait pas vu grandir, elle les avait au moins couverts d’une tendresse sans bornes et pas un jour n’avait passé sans qu’elle pensât à eux. La vagabonde n’avait pourtant que dix ans d’écart avec Eléonore ; et si auparavant cet écart semblait grand, à présent c’était tout de même assez peu. Elles parvenaient donc toutes deux à partager toutes sortes de confidences, de la plus banale confession à la plus intime. Encore que… il y avait toujours une limite, et heureusement !



Néanmoins Verena pensait que le mariage imposé de sa nièce l’avait fortement bouleversé. Elle se souvenait avoir été vraiment chagrinée lorsqu’on lui avait annoncé cette union, et avait aussitôt demandé si Eléonore avait donné son accord. Bien entendu, il s’agissait d’un mariage comme il y en avait quasiment tout le temps, que ce fût à la campagne ou en ville : les parents décidaient pour les promis qui n’avaient pas leur mot à dire. Verena avait appréhendé cet événement, et une altercation avait eu lien entre elle et le père d’Eléonore. La jeune femme avait vécu cela, et ne souhaitait en aucun cas que sa nièce vécût le même désarroi, le même malheur qui l’avaient poussé à s’enfuir de son foyer. Ce souvenir lui laissait un goût amer dans la bouche : elle avait agi lâcheté, néanmoins elle était heureuse, à présent. Ou du moins, cela y ressemblait.

A un carrefour, Verena avait cru apercevoir une silhouette familière de jeune fille, et avait essayé de la suivre, mais c’était jour de foire, aujourd’hui, et elle avançait à contre courant dans la foule de badauds qui faisaient plus ou moins attention à elle. La vagabonde avait très vite perdu sa trace, mais elle ne s’était pas découragée pour autant. Essoufflée, Verena s’était appuyée contre le mur de pierres d’une maison et s’était creusée la tête : où Eléonore avait-elle l’habitude de se rendre, lorsqu’elle souhaitait entre en paix ? La réponse lui était apparue presque aussitôt, et une image fugitive passa devant ses yeux, celle d’une fillette haute comme trois pommes et aux longs cheveux blonds qui courait au milieu des bois… mais oui, la forêt !

D’un pas décidé, Verena s’était dirigée vers les bois tout en espérant qu’elle ne s’était pas trompée : son effet de surprise devrait alors tomber à l’eau, et elle se verrait contrainte de frapper à la porte de la maisonnette de sa nièce. Elle emprunta de sa démarche dansante le petit sentier tout en jubilant : des empreintes de petites chaussures étaient restées dans la terre molle et humide. Arrivée en bordure de forêt, Verena poussa un profond soupir de délice : elle adorait le cris des oiseaux des bois, la musique légère du vent dans les feuilles, l’odeur piquante des feuilles en décomposition et le tapis moelleux d’humus. Cela lui rappela le jour où elle avait traversé la mystérieuse forêt de Gaëleine, et une petite pointe d’excitation la poussa à pénétrer plus profondément dans les bois. Les arbres commençaient déjà à se resserrer, et pourtant la jeune femme n’avait parcouru que quelques dizaines de mètres. C’était l’endroit parfait pour un lieu secret : cela semblait sombre, impénétrable… et vous plongeait dans une profonde nostalgie. Verena aperçut soudain une jeune femme qui s’était tout simplement assise par terre, sans se soucier aucunement de la propreté de sa robe. Elle était habillée de bleue, et ses longs cheveux blonds étaient coiffés en une tresse. Elle semblait fantomatique, irréelle… Verena s’avança sans faire de bruit derrière elle et sauta avec agilité à côté d’Eléonore. Elle avait probablement été un écureuil ou un singe, dans une autre vie…


" Bien le bonjour, Madame Valence… " murmura doucement Verena de sa voix grave.

La jeune femme s’assit en tailleur près de sa nièce et esquissa un petit sourire malin, sans même la regarder. Elle espérait ne pas lui avoir fait peur, mais Eléonore devait sûrement être habituée à voir sa tante surgir à l'improviste, tout comme elle venait de le faire à l'instant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://double-jeu.forumactif.fr/index.htm
Eleonore Valence

avatar

Nombre de messages : 12
Rayens : Rp, Manga, Jeu Video, Ballade !
Date d'inscription : 01/03/2007

MessageSujet: Re: Un brin de soupir sous le bois ...   Lun 26 Mar - 15:21

Une solitude sans faille, miroitait à la lueur tendre des yeux d'Eléonore. Elle s'y imbibait dans quelques-unes de ses larmes qui, celles-ci, se refusaient obstinément à parcourir les roses joues d'Eléonore.

Consciente et soucieuse de savoir que son état immobile ne stoppait pour autant la course incessante du soleil, l'esprit d'Eléonore se mit à chuchoter au temps qui l’accaparait... Lui adressant quelques pensées suppliantes, vindicatives aussi.
Pourquoi ne le blâmerait-elle pas de la tristesse qui s'endurcissait son cœur ? Ce sentiment plus fort qu'il était quelques secondes auparavant, et moins que dans quelques-unes qui viendraient s'écouler à leur tour.
Elle aurait souhaité qu'il épargne de sa présence pour un temps, temps qu'elle aurait prit pour ne plus penser à rien. Au lieu de cela, c'est lui qui l'attrapait de sa main pour lui rappeler les obligations de femme mariée.

* Ce petit temps qui s'écoule inexorablement, n'ayant de cesse que rappeler le présent / passé / et... futur...?
Comment te définir ?
Tu n'es rien et tout à la fois... Puisque d'un rien, aux gouttes à gouttes, c'est notre souffle de vie dont tu te saisis.
T'y emploierais-tu comme d'un sourire sans fin ? Ne me fais croire le contraire, puisque que rien ne t'arrête.
Ne connaîtrais-tu pas la pitié ? Ne me fait croire le contraire .. puisque que rien ... ne t'arrête.
Eternellement imperturbable, le dédain serait-il le seul sentiment qui t'habite pour que tu fasses fi des péripéties qui assènent mon âme même ? D'ailleurs sur qui pleurerais-tu ?
... Peu être qu'à toi aussi... tout t'échappe ... En compagnon spectateur, tu vis et humes tout de nous, nos sourires et nos peines, notre vie et notre mort, même intérieure. Malheur à toi qui croise mon trépas silencieux, Je t'offre un si piètre repas, qu'il en serait presque amer de m'y goutter.
Que de courage as-tu de rester à mes côtés !
Y trouves-tu un quelconque amusement ? Tu serais un peu fou... ! *


A cet idée, un légers sourire habilla chaque coin de ses lèvres délicates aux couleurs nuancées de tulipes.
Elle se plaisait à se faire silencieuse et rêvasser de ses .. multiples compagnons imaginaires ?!

* Qu'il poursuive sa route, mesquin, solidaire, ou enchaîné à son destin, qu'importe ... Que de lui ne reste que l'espoir qu'il soit, un jour prochain, notre compagnon à tous pour avancer même à pas lent; dans un geste de clémence... Nous évite tout malencontreux hasard. Et qu'il me laisse en douter en paix... *

Il était invraisemblable, pour qui que ce soit pénétrait l'esprit d'Eléonore, de s’apercevoir d'autant d'impuissance de sa part, comme si elle ne tenait aucunes rennes dans ses mains, même pas celles de sa propre existence. Rien ne semblait lui échapper puisque, de tout temps, rien ne semblait être en sa possession.
Il est étrange de voir qu’une vie puisse se délaisser autant d'elle même, et se dépérir dans un si paisible décor dépeint.
On lui avait prit sa liberté, faudrait en plus de cela lui reprocher d'en souffrir ?
Le masque de la charmante poupée que son entourage aurait voulu qu'elle soit n'était guerre aisé ou désirable à porter.

Parfois, elle se jugeait inutile puisque mise sous silence. La parole des hommes avait toute l'importance que n'avait pas celle des femmes.
Pourtant, ne partageaient-elles pas leur couche ? Le partage ? Quel mot stupide qui raisonnait faussement dans l'oreille de la jeune fille.
Non ... A ce que les parents d'Eléonore, avaient si bien su lui démontrer, la chaire de sa chaire... C'était qu'on les y enchainaient.
Les années passant, elle sut pardonner cette trahison, très certainement parce qu'avec cette épreuve, c'est tous ses rêves et croyances qu'elle scella dans un coffre sans oublier d'y ranger son sourire spontané et innocent.
Depuis ce jour, la lumière naissante dans son regard, n'avait d'éclat que celui du chagrin qui la hantait.

Elle s'aigrit de n'avoir eu pour consolation aucun soutien suffisement convainquant à ses idées et convictions de bohèmes, juste des souvenirs amoureux lointain pour la blesser que davantage.
L'avait-on soutenue ? L'avait-on défendue ? Les réclamations en son honneur ne firent pas à la hauteur de ce qui arriva en tout cas.
Son bien aimé avait disparu, la laissant au sort qu'on lui avait réservé..
Mais, Eléonore n'oublia jamais le soulagement et le réconfort de sa chère tante qui eut prit son parti à l'époque. Verena, femme de charme et de caractère, comme Eléonore aurait chéri d'avoir la force de tout quitter comme elle.
Les similitudes liées à leur destinée, aurait pu faire réagir Eléonore pour sortir également de son mal également à Verena.
Cependant, la jeune femme qu'elle était fut d'autant plus meutrie qu'elle se sentit abandonné par David Cartier... Voilà pourquoi, peut être les chemins de ces deux femmes prirent une route différente.

Extraite dans ses pensées par un saut qui retentit sur le sol feuillu et par une voix qui se voulait douce, Eléonore exprima un sursaut d'effroi en posant sa main sur sa poitrine tout en se reculant du dit bruit.
Il s'agissait de sa tante Verena qui fit son apparition innatendue, comme toujours ! Mais de là à l'imaginer trouver Eléonore dans la forêt pour ce faire, était pour le moins étonnant !
C'est d'un ton surpris et d'un visage enjoué qu'elle lui fit accueille, de sa voix cristalline en sortit ses mots :

" Tante Verena ! Vous ici, je ne m'y attendais pas. "

Le timbre de sa voix ne tarda pas à reprendre son rythme de croisière et son sourire s'effaça.
Non pas qu'elle n'était pas heureuse de retrouver sa tante, bien au contraire ! Mais, les affres de la vie la remettait vite face à la vérité.
Seule Verena avait, de part son vécu et son caractère, une grande influence et écoute sincère vis à vis Eléonore.

" Comment cela ce fait-il que vous ... Peu importe, je suis contente de vous voir. "

Seul Verena avait la capacité de la distraire, de la faire rêver, espérer aussi ! Et ainsi de lui rendre un semblant d'âme.
Elle s'assit à son tours, le regard curieux, elle demanda avec douceur et une pointe de ravissement :

" Quels lieux avez vous parcourus cette fois ? Et de quelles histoires avez vous été l'actrice ? Ne me faite pas languir. Oh .. Mais ce que je peux être sotte parfois. Vous venez à peine d'arriver, peu être serait il préférable que je vous invite dans ma demeure ? Si vous n'avez d'autre projet faite moi cette honneur.
De plus, je vous avouerais que je tarde à rentrer et que mon ..époux lui ne tardera pas et recueille somme toute ma présence qui lui serait agréable. Peut être pourrions nous discutailler en chemin, du temps pour vous d'y réfléchir."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Verena Renata

avatar

Nombre de messages : 8
Rang : Marchande de couleurs !...
Rayens : 500 de bronze...
Date d'inscription : 20/03/2007

MessageSujet: Re: Un brin de soupir sous le bois ...   Sam 31 Mar - 11:10

[Vraiment désolée du retard, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour te répondre cette semaine ! Enfin, c’est chose faite à présent Wink ]

Eléonore sursauta de frayeur lorsque Verena se retrouva comme par magie à ses côtés. C’était légèrement stupide et un peu puéril, mais cette manière plutôt inopinée de signaler sa présence était une habitude qu’appréciait bien trop la marchande pour y déroger. La jeune femme avait toujours aimé surprendre les gens et contrôler leurs réactions, et que ce fussent des clients ou des proches. Anticiper les effets produits par un simple geste ou au contraire une apparition sensationnelle comme celle-ci.

Et puis ce n’était pas tant par soudaineté de son arrivée, que les gens manifestaient de la surprise envers elle : c’était également à cause de son apparence. Bien qu’il fût vrai que si Verena avait une physionomie assez typique de la région du sud de Morclé – cheveux bruns, peau brunie par le soleil du bord de mer – elle n’en était pas moins troublante, déroutante. Parfois certaines personnes montraient de la crainte lorsqu’elles apercevaient cette vagabonde dansante aux étoffes bariolées, et dont le regard se fixait furtivement dans les leurs. Car ses yeux avaient toujours eu pour effet – positif ou négatif – de déconcerter les gens : leur couleur mordorée fascinait et captivait, semblait pénétrer à l’intérieur même de l’âme de ses interlocuteurs pour la sonder. C’était d’ailleurs l’occasion pour certaines personnes trop imprégnées de croyances mirifiques de la traiter de sorcière et de bien d’autres créatures fantastiques. A toutes ses idioties Verena éclatait de gaieté et ne se lassait jamais de les mystifier davantage.

Néanmoins en cela ces gens simples et superstitieux n’avaient peut-être pas tort… A cet instant, tranquillement assise sur un tas de feuilles de chêne, ses longs bras entourant ses jambes minces, Verena semblait être tout droit sortie d’un bestiaire traitant de lutins ou d’elfes des bois. Sa longue chevelure brune était caressée par un rayon du soleil qui avait réussi à percer le feuillage dense des arbres, la parant de reflets roux. Elle avait été attachée par une pince d’argent ciselée de motifs typiques de la région de Nushki, et que Verena arborait depuis une dizaine d’années, comme un fétiche. D’ailleurs, la marchande ambulante était couverte de porte-bonheurs ! Non pas qu’elle fût réellement superstitieuse – il avait été dit que c’était elle-même qui inspirait des croyances fantastiques -, mais la jeune femme tenait à certains objets qu’elle portait presque constamment sur sa frêle personne. Par exemple, une amulette en ébène offerte par un vieil ami de Naraya suspendue à une cordelette à son cou, et qui pendait sur sa poitrine. Ou bien son éternelle robe violette en tissu léger et qui donnait l’impression que Verena allait s’envoler à la moindre brise. Comme cette tunique longue laissait nus ses bras bronzés et ses mollets fuselés, elle avait enfilé une courte veste de toile brune qui se confondait un peu avec sa peau et des longues bottes de peau beige recouvraient le bas de ses jambes.

Il ne faisait pas vraiment froid, mais on était tout de même dans le nord de Morclé et Verena avait toujours été habituée au climat assez chaud de Erdîn, son village natal. Sans compter que le printemps ne faisait que commencer… Et que malgré tout, il faisait frais dans la forêt. Néanmoins Verena se sentait merveilleusement bien : voilà bien trop longtemps qu’elle n’avait pas goûté la compagnie de sa nièce, la tendre Eléonore. Elle espérait également bouleverser le quotidien de la jeune femme, qu’elle devinait fort ennuyeux ; Verena l’avait vécu personnellement quelques années avant de choisir une autre voie que celle d’épouse soumise et obéissante. Elle savait pertinemment qu’Eléonore n’était pas heureuse, et désespérait un peu de la voir s’enfoncer dans une profonde mélancolie qu’elle n’arrivait pas toujours à dissimuler.

Et pourtant, ce n’était pas faute d’avoir tenté d’empêcher son mariage ! Verena se remémora de nouveau avec une pointe d’amertume la querelle qui avait opposé la marchande et le père d’Eléonore : elle avait essayé avec diplomatie de raisonner le vieil homme en arguant que sa nièce était trop fragile pour se marier avec un homme, et qu’il valait mieux attendre quelques mois avant de passer à l’acte qui allait sceller l’existence de la jeune fille. D’autant plus que Verena avait constaté qu’Eléonore avait été davantage absente après l’attaque qu’avait subi Ordeanguel. Cependant elle ne connaissait pas la raison de l’attitude préoccupée de sa nièce. La marchande n’y avait d’ailleurs guère fait attention, et elle avait été loin de penser qu’un homme était à l’origine du trouble d’Eléonore. Enfin, son opposition avait débouché sur une violente querelle et par l’éloignement de Verena d’Ordeanguel, blessée par les propos blessants qui avaient été échangé.

Verena éclata de rire en entendant la surprise qui rendait un peu aigue la voix claire d’Eléonore. Son petit sourire s’agrandit et son visage légèrement creusé par la nourriture frugale s’illumina de joie. Son regard mordoré chercha celui de la jeune femme et une lueur de ravissement sembla s’y allumer en la dévisageant avec bienveillance. Elle n’avait pas rêvé sa nièce plus belle ! Bien entendu, Verena s’était déjà aperçue depuis bien des années de la beauté d’Eléonore, et en tant que tante empressée et admirative devant l’apparence angélique qu’elle avait toujours eu, elle n’avait jamais résisté à ses moindres caprices, un seul sourire de sa nièce la faisant fondre de tendresse. Il était également vrai que si Verena pouvait être d’une fermeté qui frisait parfois l’intransigeance avec les adultes, son affection pour les enfants l’empêchait de leur refuser quoi que ce soit. Même si sa conscience la mettait parfois en garde : ce n’était pas vraiment bon de gâter autant ces petits êtres adorables mais éternellement insatisfaits.

Voyant Eléonore se rembrunir, la marchande lui toucha instinctivement le bras avec sa douceur coutumière. Ce mouvement qui était une sorte de réconfort avait été esquissé comme un geste vers un animal effrayé et que l’on voulait amadouer calmement. Comme si Verena souhaitait implicitement renouer un contact, un lien qui avait pu s’affaiblir avec le temps et la distance.

Eh bien le plaisir est réciproque, ma chère Eléonore… Oh, comme l’éloignement de ceux qui nous sont chers est difficile à supporter ! Je te l’avoue : moi non plus, je ne m’attendais pas à te revoir en ces lieux… enfin, en ces bois !

La marchande fit une pichenette avec son pouce et son index à une petite araignée noire qui grimpait sur sa botte. Son sourire et son regard se firent taquins, et elle écouta avec amusement le flot de paroles d’Eléonore, qui semblait fort curieuse de connaître ses dernières aventures… enfin, Verena n’était pas toujours l’héroïne des histoires qu’elle racontait à tout va, même si c’était le cas la plupart du temps. Tissant des réseaux de connaissances dans tout Naraya, ses amis et elle-même aimaient se réunir pour échanger des contes et les anecdotes qu’ils avaient vécu où dont ils avaient entendu parler.

Avant de poursuivre, Verena s’empressa de demander à Eléonore d’une façon détournée de cesser de la vouvoyer… la jeune femme était troublée par ce « vous » qu’elle trouvait trop raide, trop sérieux pour elle. Non pas qu’elle faisait preuve de familiarité avec tout le monde en tutoyant les gens, qu’elle les connût ou pas, mais elle préférait entretenir avec sa famille une certaine intimité et étrangement, ce solennel « vous » sonnait pour elle comme un obstacle.


Allons, Eléonore, je te prie de chasser un peu cette retenue qui subsiste encore entre nous !
Je ne suis pas assez vieille pour que l’on s’adresse à moi comme à une vénérable ancienne et à qui l’on doit montrer un respect sempiternel… enfin…
Mais tu as tort, tu es loin d’être sotte ! Voyons, tu tiens de ta tante… oh, bien sûr, je plaisante !
Ces retrouvailles me rendent folâtre, et ce serait fort agréable de les prolonger le plus possible !
C’est donc avec joie que je t’accompagne, n’ayant aucune obligation pour le moment.
Oui, nous pourrons tranquillement parler sur le chemin… je pense que nous avons certainement beaucoup de choses à nous dire…


Verena se releva prestement et se mit à chasser les petites branches et les feuilles mortes qui s’étaient accrochées à ses vêtements. De l’ironie avait percé plusieurs fois dans sa voix allègre, mais elle demeurait somme toute joyeuse et pleine d’entrain. La jeune femme se tourna vers Eléonore avec bonne humeur, attendant qu’elle la conduise à sa maison. La marchande, malgré son étonnante mémoire, semblait avoir du mal à rassemble ses souvenirs et à se remémorer l’emplacement de l’habitation de sa nièce… Et il fallait dire également qu’elle n’était jamais rentrée chez Eléonore, ni n’avait rencontré son époux. Ce serait donc une première… que Verena attendait plutôt avec appréhension.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://double-jeu.forumactif.fr/index.htm
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Un brin de soupir sous le bois ...   

Revenir en haut Aller en bas
 
Un brin de soupir sous le bois ...
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Cherche ceinture sous bois
» Binouzz-Panda Eau lvl 184
» Petites histoires de sous marins de la 2 nd guerre mondiale
» Litterature guerre sous-marine
» Nakwa, Pandawa eau niv. 176 (MàJ le 03/09, niv. 181)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
NARAYA :: MORCLÉ :: Ordeanguel-
Sauter vers: